le kendo...est ce votre art martial? est ce votre voie?

1) Les origines

Les techniques actuelles du kendo trouvent leur origine dans l'ancien ken-jutsu ou " art du sabre ". Le but du ken-jutsu était d'abattre un adversaire le plus rapidement possible grâce à des frappes d'estoc et de taille. Un tel enseignement n'était dispensé qu'à un petit groupe de guerriers par un ancien samouraï expérimenté.


Takasugi Shinsaku photgraphié par Ueno Hikoma en 1866

Ce ne sont qu'une partie des techniques fondamentales du ken-jutsu qui ont été retenues, puis codifiées pour créer le kendo. Ken signifie sabre et Do signifie voie, ainsi kendo signifie " la voie par le sabre " ou " la voie du sabre ".

A la fin du XIIe siècle, s'est constitué la classe des samouraïs qui n'est autre qu'une armée aristocratique. Leur rôle dans la vie socio-politique japonaise était important. Ils se consacraient aux maniements des armes, à la philosophie et aux pratiques artistiques. Tous les samouraïs se référaient à un code oral nommé Bushido ou " voie du guerrier ".

Au XIIIe siècle, une technique capitale et très efficace fut mise au point par Shigenobu Heyashizaki. Il s'agit d'une manière de dégainer extrêmement rapide, et qui permettait de toucher son adversaire avant que celui-ci puisse se mettre en garde. Cette technique appelée iaï fut incorporée au ken-jutsu.

Entre le XIVe et le XVIe siècle, sous la dynastie Muromachi, Ittosaï Itto fonde l'Itto-Ryu (école d'un seul sabre) qui influença le kendo moderne.

Au XVIIe siècle, les personnages influents furent Ganryu Sasaki, Munisaï Shimen, Musashi Myamoto (1582-1645), et Mitsuyoshi Yagyu.

Ganryu Sasaki vaincu par Munisaï Shimen, s'est vengé en l'assassinant, puis à son tour Musashi Myamoto décide de venger la mort de son père et traqua son assassin. Il parvint à tuer Ganryu Sasaki lors d'un célèbre duel. Finalement, Myamoto Musashi a fondé l'école Enmeï (école à deux sabres). Mitsuyoshi Yagyu alias Jubeï ( 1607-1650), quant à lui, perfectionna la plus fameuses des formes de ken-jutsu.


Kenjyutsu Machidojo au Japon au début de la période Meiji (1870-1900)


2) Le samouraï

Qu'en est-il du samouraï et de son esprit ? En dehors de la guerre, le samouraï (entièrement dévoué à son maître) perfectionnait sa technique de combat et son savoir. D'une certaine manière, il était un éternel étudiant. Celui-ci tendait sans cesse à un idéal de sagesse et de servitude. D'ailleurs, à la mort de son maître, le samouraï est tenu de l'accompagner : il procèdait au seppuku (le sacrifice suprême). Dans un tel cas, le samouraï pouvait être assisté par un autre samouraï qui lui tranchait la tête après qu'il se fut éventré. Ce n'est pas un hasard si c'est la partie abdominale qui était visée, en effet, cette région du corps (hara-tanden) était tenue pour être le foyer de l'énergie et du courage. Cet acte suicidaire est donc hautement symbolique. Par ailleurs, le principe de " l'énergie des hanches " est encore tout à fait essentiel dans la pratique du kendo actuel.

Entre 1611 et 1672, la pratique du seppuku fut prohibée par Masayuki Hoshina, toutefois on le pratiqua jusqu'au XXe siècle (i.e la défaite de la deuxième guerre mondiale).


3) Innovations et évolution

Trois grands maîtres ont marqué l'époque Edo (1603-1887) : Zesuiken Iba, Kanshin Teranishi et Tadaki Ono. Tous les trois ont modifié la pratique du ken-jutsu (en raison d'un grand nombre de blessés) en introduisant le port d'une armure de protection lors des entraînements : protection de la tête, des épaules et tronc, en particulier.

Au XVIIIe siècle, Chuta Nakanishi, quant à lui, innove tant dans le domaine de l'armement que dans celui de la protection. En effet, il propose à ses élèves le port des kote (sorte de moufles de protection), du do (une protection de la poitrine) et l'usage d'un sabre factice, le shinaï (sabre constitué de quatre pièces de bambous et fixé par différentes pièces de cuir).En 1760, il existait alors trois sortes de sabres : le katana, le boken et le shinaï.

Ainsi, la nouvelle forme que prit le ken-jutsu imposa l'établissement de nouvelles règles, et le nouveau style qui en apparu fut appelé kendo. Au sortir de la période féodale, l'utilisation du sabre en public dans la capitale Kyoto fut interdite, ce qui affaiblit considérablement l'évolution du kendo. Néanmoins, de nombreuses personnes ont continué à pratiquer les différents styles. Finalement le Bushido disparut progressivement, faute d'argent accordé pour le maintien de salles d'entraînement.

Si le kendo a pu survivre, c'est grâce à la police et en particulier grâce à Kenkichi Sakakibara (1830-1894). En effet, celui-ci organisa de nombreuses démonstrations pour éveiller l'intérêt du public à cette pratique. En 1891, le kendo fut introduit dans les écoles. En 1909, Noboru Watanabe fonda le premier collège de la fédération de kendo, et en 1928 naît la Fédération générale de kendo. Son premier président élu fut M. Matsataro Fukuda.




4) Les grades

shodan = 1er degré rokudan = 6e degré

nidan = 2e degré sichidan = 7e degré

sandan = 3e degré hachidan = 8e degré

yodan = 4e degré kudan = 9e degré

godan = 5e degré judan = 10e degré


Le pratiquant débutant doit d'abord passer les six kyus avant de pouvoir accéder au 1er dan. Il faut pratiquer le kendo au minimum deux ans avant de pouvoir prétendre au 1er dan.


5) L'introduction du kendo en Europe

En 1930, c'est d'abord l'Angleterre qui connaîtra le kendo. Ensuite, il sera pratiqué en Yougoslavie, en France, en Hollande... et en Suisse.

# Posté le mardi 15 mars 2005 07:42

iaido...peut étre?

D'où vient l'impression de perfection qui se dégage du geste d'un Sensei pratiquant l'art du sabre, le Iaido ?
Du rythme, la vitesse et de la forme des trajectoires de la lame qu'il imprime à cette gestuelle. Inventé au Japon au XVIIè siècle et attribué à Hayashizaki Jinsuké, le IAÏ est l'art de dégainer et frapper l'adversaire. Véritable pratique guerrière, le IAÏDO, au fil des siècles s'est structuré, rationalisé (Seitei Iaï).
A la fin de l'ère Meiji (1860), les pratiques martiales ancestrales disparaissent d'un Japon tourné résolument vers le modernisme. La fin des Samouraïs aurait sonné le glas de ce patrimoine, si un certain nombre d'entre eux n'avait cherché à préserver ce qu'ils considéraient comme un Trésor National. Des écoles visant à perpétuer l'héritage chevaleresque du passé se développèrent.
Mais, pour leurs défenseurs, le simple apprentissage de forme de combat ne pouvait suffire à attirer de jeunes générations entièrement dévouées à des activités modernistes à caractère utilitaire, c'est pourquoi ceux-ci présentèrent-ils à introduire dans la pratique martiale (Jutsu) fondé sur une pure efficacité technique désormais obsolète, une dimension spirituelle.
C'est dans le Zen que les anciens puisèrent une justification moderne d'actes délicates. Les arts martiaux japonais devenaient alors, en dépit de leur inutilité sociale, un moyen individuel de perfectionnement.

« A travers l'apprentissage des méthodes de combat, l'homme trouvait l'occasion d'une lutte contre lui-même exercée en pure gratuité par laquelle il lui devenait possible de se connaître et de se trouver en harmonie avec l'univers. »


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Technique de combat au sabre destinée à sortir le sabre de son fourreau (Saya) à une vitesse éclair et à frapper l'adversaire avant que celui-ci ait eu le temps de dégainer complètement son arme. Complément nécessaire du ken-jutsu, le iai-jutsu fut créé en 1560 par Hayashizaki Jinnosuke Shigenobu. Eishin perfectionna sa technique au XVIIIe siècle. Cette discipline, issue de l'ancien ken-jutsu, est devenue une technique de concentration, de précision et de rapidité du mouvement. L'art de dégainer le sabre est devenu un art martial à part entière, il fait partie de l'enseignement du kendo. Il comprend, outre des saluts cérémoniels, toute une série de kata (combats imaginaires) et de gestes symboliques (comme celui de secouer le sang tachant la lame du sabre après un duel, et qui risquerait de coller la lame au fourreau). Tous ces mouvements et kata sont exécutés debout, à genoux, assis ou même couché. Il existe vingt mouvements pour "tirer le sabre" et cinquante pour couper ou trancher. En effet, il ne s'agit pas simplement de tirer rapidement le sabre hors du fourreau, mais de frapper l'adversaire dans le même mouvement

# Posté le mardi 15 mars 2005 07:51

naginata...la voie guérriére féminine

Le NAGINATA daterait du IXème siècle. Si à l'origine l'usage en était attribué aux moines guerriers ce sont les militaires qui la firent connaître sur les champs de bataille.

Vers le début du XVIIème siècle les épouses des samouraïs reprennent cette technique de combat pour défendre leur foyer et tenir à distance leur agresseur en l'abscence du mari.

Le premier club de Naginata à faire son apparition en France à vu le jour en l'an 73 de notre ère. Il fait son entrée à la Fédéraation Française de Judo et Disciplines associées (F.F.J.D.A.) dès 1974. Dix ans plus tard sera organisé la toute première coupe de France.

1990 marquera un tournant pour l'équipe de France de Naginata puisqu'à l'occasion de la première rencontre internationale à TOKYO elle gagnera la seconde place sur onz pays participants. Depuis la France a pris part à deux championnats du monde, le premier à TOKYO (1995) et le second à PARIS (1999), à chaque fois elle a fini deuxième. 1999 marquera aussi la restructuration du Naginata.

La France compte quelque 200 licenciés. Le Japon quant à lui avoisine 500.000 pratiquants. Le Naginata a été reconnu la bas comme sport national.



De quoi s'agit-il ?

Le Naginata est un art martial à part entière. Il se pratique avec une arme, la Naginata. Formée d'une ampe en bois dur surmonté d'une lame de sabre, elle mesure plus de 2 mètres. Pour l'entraînement la lame est remplacée par une ou deux lamelles de bambou.

L'escrime à la lance japonaise est un sport associant technique et combat.Cette discipline développe concentration, réflexes et précision. Elle nous amène à plus de rectitude, elle force le respect de soi par une prise de conscience, et de l'autre par une compréhension mutuelle.

NAISSANCE DU NAGINATA MODERNE
En 1955, la Fédération Japonaise de Naginata fut créée. Elle rassembla toutes les écoles existantes pour homogénéiser l'entraînement avec des règles bien définies et un ensemble d'exercices techniques : le KIHON.

En 1973, les responsables du Kendo français demandent à l'une des pratiquantes d'aller au Japon étudier le Naginata.
Dès son retour, celle-ci forme un groupe et le Naginata entre à la Fédération Française de Judo Kendo et Disciplines Associées (FFJDA) en 1974. Il y trouvera l'aide nécessaire à son développement.
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# Posté le mardi 15 mars 2005 07:57

kyudo voie de l'arc

Kyudo signifie Voie (dô) de l'Arc (kyû).

Le Kyudo est une Voie de développement physique, moral et spirituel, de réalisation de Soi. L'ambition de cet art martial est légitimée par son élaboration par des milliers d'hommes et femmes sur plusieurs siècles et par la recherche actuelle d'un Kyudo moderne qui se nourrit de son passé.



Le drame de la vie et de la mort dans le tir à l'arc
L'histoire de l'arc est intimement liée à l'humanité. À son origine, l'arc est une arme de chasse ou de guerre dont la fonction est de tuer. Ainsi, dès que l'archer encoche sa flèche avec l'intention de tirer, il rejoue le drame permanent de la vie et de la mort, de sa vie et de sa mort. Un Maître de Kyudo a dit un jour : « Votre première flêche doit atteindre la cible comme pour tuer un ennemi car si vous le manquez, lui peut vous tuer » . Cette image rappelle à l'archer qu'il doit mettre toute son âme dans chaque flêche, comme si c'était sa dernière : « Une flêche, une vie » . Fortement pénétré de cette évidence, le tir à l'arc au Japon ne s'est pas limité à la fonction utilitaire de tuer mais a été investi d'une dimension symbolique et spirituelle. « L'arc est le réceptacle abritant les qualités du guerrier, les qualités propres de l'arc prenant une signification presque mystique 1 » .

Un arc grand et beau
Dans les temps anciens, l'arc japonais est simplement un arc droit d'un seul morceau taillé dans la partie la plus solide du tronc du zelkova (Tsuki ou Keyaki) ou du catalpa (Azusa). À partir du Moyen-âge, il est construit selon la méthode du lamellé-collé avec du bambou en forme à double courbure (recurve). L'arc qui nous intéresse dans le Kyudo est le long arc qui mesure autour de 2,20 m. La poignée est placée de façon asymétrique au tiers inférieur de l'arc pour permettre de tirer à genou ou à cheval. Cet arc, moins fonctionnel qu'un arc court, est pourtant conservé par les archers, car ses défauts sont largement compensés par ses matériaux naturels, la simplicité de sa forme presque primitive, son élégance et sa beauté. Pour le pratiquant de Kyudo, l'arc et les flêches sont des objets de vénération (Tempyo), investis de spiritualité et utilisés avec respect.

Une technique de tir particulière
Le tir avec un tel arc exige une technique spéciale qui rend hommage aux qualités de l'arc. L'archer, qu'il soit droitier ou gaucher, tient toujours l'arc de la main gauche. Il ouvre l'arc au-dessus de sa tête et amène sa main droite qui tire la corde au-dessus de son épaule gauche. À cet instant, il est dans l'arc. La courbe de l'arc au-dessous de la poignée est considérée comme masculine, dynamique et puissante, et la courbe au-dessus est dite féminine, empreinte de délicatesse et de réceptivité. L'archer exprime cet équilibre universel des contraires pour ouvrir avec élégance, dignité et sérénité un tel arc. « Lorsque l'équilibre dynamique de l'arc se confond avec celui du corps de l'archer, au moment où l'arc et la flêche sont tendus, une figure circulaire d'une grande beauté se forme » 2. La perception et la recherche constante d'une telle harmonie se nourrissent de plusieurs courants de pensée.

Le rituel et le shintoïsme
La Voie des Dieux (Shinto) est un ensemble de croyances et de pratiques relatives aux divinités (Kami), forces naturelles personnalisées dans certains lieux, objets et parfois animaux et hommes vivants ou morts (ancètres). L'arc est un des trois symboles essentiels de cette religion. Dans le Kyudo, le respect du Lieu de la Voie (Dojo) avec un emplacement particulier pour les kami (Kamiza), des objets propres à la pratique et leur maniement (arc, flêche, gant, cible...), de certains rituels et cérémonies sont des restes de cette tradition proche de la nature. Ainsi, le tir d'une flêche peut être considéré comme un acte de purification de l'archer, d'autant plus juste que le son de la corde frappant l'arc (Tsurune) est d'une qualité particulière. Se purifier doit être entendu ici par rétablir l'harmonie à l'intérieur d'un homme ou d'un lieu, éliminer le Mal et révéler le Bien.

L'étiquette et le Confucianisme
La culture chinoise à travers l'enseignement de Confucius (551 - 479 av. J.-C.) a influencé la culture japonaise depuis ses premières périodes, particulièrement dans le gouvernement civil. Confucius a décrit les trois principes de Sagesse (Chi), Bienveillance (Jin) et Bravoure (Yû). Dans la Bienveillance, le système chinois inscrit l'étiquette et ses valeurs éthiques (Rei) pour indiquer comment se comporter vis-à-vis les autres (Girei), père/fils, homme/femme, Maître/élève, Sempai/Kohai. « En même temps qu'ils adoptèrent l'étiquette et le protocole de cour chinois, les japonais reprirent le cérémonial utilisé pour le tir à l'arc dans l'aristocratie chinoise. Celle-ci considérait que la maîtrise du tir à l'arc était l'expression même du raffinement et de la bonne éducation » 3 . Le Maître dit : « Quand on tire à l'arc, le mérite ne consiste pas à transpercer mais à frapper le centre de la cible » 4 c'est-à-dire avoir le geste juste grâce à une attitude mentale juste.

Le tir guerrier et le Kyuba-no-Michi
Les guerres sont nombreuses tout au long des premiers siècles de l'histoire du Japon. Les samouraïs, à travers des écoles (Ryu), développent un tir à l'arc technique (Kyûjutsu) en utilisant des grands et petits arcs, des flêches aux pointes de multiples formes, des méthodes de décoches, etc. La guerre des Gempei (1180 -1185) voit l'apogée de l'utilisation de l'arc sur les champs de bataille. La Voie de l'Arc et du cheval (Kyuba-no-Michi) se développe dans les différentes techniques de combat à pied ou à cheval et dans l'attitude mentale, faite de rigueur morale, respect de l'engagement envers son seigneur et son école, et de dignité au combat sans crainte de sa mort.

Le tir à l'arc guerrier et le bouddhisme zen
Si le Shinto est une religion du vivant, le bouddhisme, implanté au Japon depuis 552, apporte de son côté des réponses sur la mort. En 1191, le moine Eisai introduit le zen et offre une solution au paradoxe des samouraïs : « Pour vivre, il faut mourir » . Si le guerrier tient à sa vie, au moment du combat mortel, il a donc peur de mourir ; s'il a peur de mourir, son corps, même très bien entraîné, marque un instant d'arrêt, d'inhibition à l'instant décisif qui est souvent fatal. A contrario, si le guerrier ne tient pas à sa vie, au moment fatidique il ne craint pas sa mort ; son corps bien entraîne agit alors en toute liberté, sans inhibition, en « état de grâce » et il porte le coup fatal dès qu'il perçoit la faille chez son adversaire. L'apport du zen devient déterminant dans le développement spirituel des guerriers.

Les armes à feu
Du XIIIe siècle au milieu du XVIe siècle, les archers représentent l'élite des gens de guerre pendant les nombreux combats qui se déroulent. Mais le 25 août 1543, trois portugais armés de mousquets débarquent dans l'île de Kyushu. Ces armes plus meurtrières remplacent les arcs sur les champs de bataille, et particulièrement en 1575 où elles permettent de remporter l'importante bataille de Nagashino. Le tir à l'arc est conservé par les bonzes et ceux qui suivent leur enseignement comme une discipline intérieure, un support de méditation active, une pratique du zen debout.

La Longue Paix et le Kyudo
De 1603 à 1868, une longue période de paix est imposée par les Tokugawa. La Voie des Guerriers (Bushido) se développe pendant cette période et le tir à l'arc devient une Voie de l'éveil. « En 1660, le Maître d'Arc Morikawa Kozan fonde une nouvelle école, Yamato Ryu, qui fait la synthèse entre l'aspect cérémonial des tirs de l'école Ogasawara et l'aspect technique de l'école Heki. Il utilise pour la première fois le mot Kyudo (composé de deux idéogrammes) : Kyû ( 弓 ) = Yumi = Arc, et Dô ( 道 ) = Tao = Michi = Voie. Il introduit pour la première fois le concept de Dô (la Voie) dans le contexte des arts martiaux » 5

L'époque moderne
Pendant l'ère Meïji (1868 - 1912), le Japon, fermé pendant des siècles, s'occidentalise brusquement et le Kyudo court le danger de disparaître. Sa survivance est due à « Maître Honda Toshizane (1829 - 1911), professeur de Kyudo à l'université impériale de Tokyo, qui combina des éléments du tir de guerre avec ceux du style de cérémonie pour créer une méthode hybride qu'il enseigna à ses étudiants » 6 . Le plus célèbre disciple de ce Honda Ryû est Maître Awa Kenzo (1888 - 1939). Il a pour disciples Maître Anzawa Heijiro (1887 - 1970) et Eugen Herrigel (1884 - 1955), premier occidental à recevoir le 5e dan au Japon, dans les années 20.

« Au début de l'année 1930, le Dai Nippon Butokai (Association des Valeurs Martiales du Grand Japon) invita les diverses écoles de tir à participer à l'élaboration d'une réglementation. Cela provoqua d'énormes polémiques et il fallut de longues discussions avant de déboucher finalement sur un semblant d'accord en 1934. » 7

En 1949, les autorités d'occupation du Japon autorisent la constitution de la ZenNihon Kyûdô Renmei (ZNKR) dont la dénomination internationnale est All Nippon Kyudo Federation (ANKF). En 1953, elle publie le Kyûdô Kyôhon, manuel qui consigne les normes actuelles des formes, du comportement et du tir. Il est traduit en anglais en 1992 par le plus haut gradé occidental actuel, Maître Liam O'Brien, Kyôshi 7e dan.
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# Posté le mardi 15 mars 2005 08:01

Isshin ryû kusarigamajutsu

Historique du kusarigama


ISSHIN Ryû est enseigné aux pratiquants de Shindô Musô Ryû lorsque ceux-ci ont atteint un niveau relativement haut. Le jojutsu et le Kusarigamajutsu ont été associés dès la seconde ou la troisième génération après le fondateur de Shindô Musô Ryû Musô Gonnosuke, mais ceci n'est pas certain. Des manuscrits de Isshin Ryû retracent les origines de cet art jusqu'à un moine bouddhiste du nom de Jion. Ce dernier vivait dans le Temple de Jûfukuji, à Kamakura, durant la période de Ôei (1394-1427). Jion était connu sous le nom de Sôma Shirô Yoshimoto. Il était expert en Kenjutsu et en Sôjutsu (art de la lance).

Si l'on en croit la légende, c'est après de nombreux jours de prières dédiées aux divinités de Katori et de Kashima, qu'une nuit Jion vit apparaître un esprit tenant une faucille dans sa main droite et un poids de métal dans Sa main gauche Cette vision encouragea Jion à créer cette tradition de Kusarigama - une arme composée d'une faucille grandement modifiée avec une chaîne, lestée d'un poids, attachée au manche.

Ce même Jion est plus connu comme le fondateur de la fameuse lignée de Nen Ryû (tradition de Kenjutsu et autres arts comprenant des armes). Actuellement, certaines autorités de Nen Ryû contestent que Jion ait été directement associé à Isshin Ryû. Néanmoins, Sa généalogie traditionnelle nous le désigne comme son fondateur. D'autres sources stipulent qu'un Tan Isshin fut le véritable fondateur de cet art du Kusarigama, et que ce dernier étudia Nen Ryû sous Jion. Ceci peut expliquer l'hypothèse que Isshin Ryû soit dérivé des enseignements de Jion. Les mêmes sources affirment que cette tradition comprend l'usage du BÔ (grand bâton) et du Hôbakujutsu (art de l'arrestation). Lorsqu'on se souvient que le Kusarigama et le Bô étaient considérés comme les armes favorites des forces de l'ordre du début du 17e siècle, on peut accepter l'idée que ces trois arts aient pu être enseignés comme un ensemble cohérent de techniques. Comme on le verra plus tard, le Jutte remplacera progressivement le Kusarigama, dans la période de Tokugawa.

Dans beaucoup de pays, la faucille, en tant qu'arme, est généralement dérivée d'un instrument agricole pour moissonner le blé. Au Japon, cependant, le prédécesseur immédiat du Kusarigama était le Jingama. Cette faucille de campement était utilisée par les soldats de rang inférieur pour défricher les emplacements destinés aux bivouacs, durant la période de Muromachi (1331-1573). Cette faucille servait également à couper le fourrage destiné aux chevaux ou, dans les cas d'urgence, comme les incendies d'étables ou de champs, pour libérer les bêtes en coupant les cordes qui les retenaient. Cet outil, d'une dimension assez importante, était porté dans le dos ou maintenu dans un étui aisément accessible fixé au bas des reins, En cas d'embûches, cet objet devenait une arme très appréciée des soldats.

Alors que la plupart des Kusarigama de combat comportaient une lame assez courte et recourbée, a tranchant unique, pourvue d'un manche de bois, au Japon, tous les styles de Kusarigama utilisent des armes qui diffèrent beaucoup de tout outil agricole disponible aux époques correspondantes. Le manche est souvent renforcé par des bandes d'acier et comporte quelquefois une garde métallique. La chaîne et le poids dérivent, semble-t-il, du Kombi chinois (arme pour appréhender les criminels). Au Japon, la chaîne était en tait reliée au sommet du manche, près de la lame, loin de la poignée et de la garde. Dans certains modèles, la chaîne était fixée à l'autre extrémité du manche, ou même au centre du manche de bois.

Tous les Kusarigama comportent plusieurs armes en une seule. Mais l'arme de Isshin Ryû est unique en son genre : la lame n'est pas recourbée mais droite, à double tranchants, et longue d'environ 30cm. Elle est destinée à taillader à couper à porter des coups d'estoc, à bloquer et à parer. La position de la garde en métal (Goken) qui relie la lame au manche, formant ainsi une zone de sécurité pour la main, a la jonction perpendiculaire, permet de tenir le Kusarigama de Isshin Ryû d'au moins deux façons. Cela signifie que l'arme peut être également utilisée d'une manière que la plupart des Ryû considéreraient comme " inversée ", la lame étant au-dessous de la main alors que la chaîne se trouve en haut, éloignée de la main. La chaîne (Kusari) mesure 3 m 60(12 Shaku, correspondant aux mois de l'année) et comporte 350 maillons (pour les jours de l'année). Dans les modèles particulièrement bien exécutés, on peut remarquer que la dimension des maillons diminue au furet à mesure qu'ils se rapprochent du poids (Fundô). Cette chaîne de3 m 60 était considérée comme très longue, la plupart des faucilles japonaises ne comportant pas de chaînes excédant la longueur d'une taille d'homme. Cette dimension plus discrète permettait de contrôler plus facilement la totalité de la chaîne en tenant à bout de bras, la faucille dans une main, et la chaîne dans l'autre. La longueur de la chaîne de Isshin Ryû offre cependant la possibilité de la manier comme un fléau pour distraire et déconcentrer l'ennemi, ou de la faire tournoyer en cercles verticaux pour maintenir ce dernier à distance, tout en réservant assez de chaîne pour l'attaquer à tout instant simplement en libérant les maillons gardés en réserve.

La chaîne peut être lancée pour emprisonner le sabre de l'ennemi depuis une distance sûre, mais elle est surtout utilisée pour propulser le poids. Cette boule de métal pèse 113 grammes. Bien qu'elle soit, en général, fortement accélérée par la rotation de la chaîne avant d'être lâchée, cette boule peut également être lancée à la main. Les cibles les plus importantes sont le visage, le sommet du crâne, la colonne vertébrale, ainsi que d'autres endroits exposés.

Pour l'entraînement, on utilise un Kusarigama entièrement en bois (à part la garde qui est en fer). La chaîne est remplacée par une corde, et la boule par un petit sac en peau de daim bourré de coton. Il est alors possible d'effectuer des attaques réelles sur un adversaire pour s'entraîner à atteindre les cibles avec le Fundô. La rapidité et la puissance de ce Fundô d'entraînement sont telles qu'il peut étourdir et laisser des marques.

Il est permis de douter que le Kusarigama ait eu un rôle au sein de combats organisés. Il était quasiment inutilisable dans les mêlées qui caractérisaient les batailles de l'ère de Muromachi. Il y aurait été un danger pour les deux partis. De plus, le Kusarigama ne pouvait être efficace qu'à découvert, car les branches des arbres ou tout autre obstacle auraient vite rendu la chaîne encombrante. L'utilisation la plus appropriée semble avoir été réservée au combat singulier, comme les confrontations en duel, et les situations d'arrestations communes aux forces de l'ordre. Mais le fait le plus important reste peut-être que le Kusarigama était d'un maniement difficile et dangereux, exigeant beaucoup d'entraînement.
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# Posté le mardi 15 mars 2005 08:04